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L'obésité s'est imposée comme l'un des défis majeurs des systèmes de santé contemporains : sa prévalence a augmenté de façon exponentielle au cours des trente dernières années, et l'Organisation mondiale de la santé estimait en 2016 que plus de 1,9 milliard de personnes étaient en surpoids dans le monde, dont plus de 650 millions en situation d'obésité. Cette pathologie, caractérisée par un excès d'accumulation de masse grasse résultant d'un déséquilibre entre apports et dépenses énergétiques, constitue un facteur de risque déterminant pour de nombreuses comorbidités, parmi lesquelles le diabète, les maladies cardiovasculaires, l'hypertension, les dyslipidémies ou certains cancers. Si quelques formes relèvent d'altérations monogéniques, la forme commune de l'obésité résulte de l'interaction complexe de multiples facteurs, ce qui a suscité un intérêt croissant pour la compréhension du remodelage du tissu adipeux induit par un environnement obésogène.

Cette revue de la littérature fait le point sur les mécanismes transcriptionnels et épigénétiques qui gouvernent ce remodelage à l'échelle de l'adipocyte. Les auteurs rappellent l'organisation du tissu adipeux des mammifères, composé principalement du tissu adipeux blanc et du tissu adipeux brun. Chacun rassemble des populations cellulaires hétérogènes réparties entre adipocytes matures — qui représentent 20 % à 30 % des cellules totales — et la fraction stromale vasculaire, laquelle comprend cellules souches mésenchymateuses, préadipocytes, fibroblastes, cellules endothéliales, progéniteurs vasculaires et cellules immunitaires. Le tissu adipeux blanc, dont les adipocytes contiennent une vacuole lipidique unique, assure le stockage et la libération des acides gras libres et fonctionne comme un organe endocrine actif communiquant avec d'autres organes métaboliques par la sécrétion d'adipokines. Sa distribution régionale, viscérale ou sous-cutanée, revêt une importance particulière dans la prédiction des complications associées à l'obésité.

Les auteurs synthétisent les avancées réalisées dans l'identification des voies de signalisation et des réseaux transcriptionnels qui orchestrent les modifications d'expression génique de l'adipocyte associées à différents phénotypes. Grâce aux progrès récents de l'épigénomique, ils soulignent que divers signaux environnementaux peuvent reprogrammer le devenir et la fonction de l'adipocyte par des mécanismes épigénétiques, principalement via des altérations de la méthylation de l'ADN et des modifications des histones. Un point central de cette analyse réside dans le rôle des facteurs de transcription et des complexes corégulateurs modifiant la chromatine, identifiés comme les composants régulateurs clés qui coordonnent à la fois les altérations transcriptionnelles et épigénétiques induites par la signalisation.

En articulant ces deux niveaux de régulation, les auteurs proposent une lecture intégrée des mécanismes qui déclenchent l'adipogenèse et le remodelage du tissu adipeux en réponse à un excès énergétique. Ils notent que ces altérations, et leur influence sur le développement et la progression de l'obésité, varient vraisemblablement d'un individu à l'autre, de sorte que leur étude pourrait contribuer à l'élaboration de futures stratégies thérapeutiques personnalisées.