Skip to content

Le tissu adipeux blanc assure une fonction centrale dans l'homéostasie énergétique en stockant l'excès d'énergie dans la vacuole lipidique des adipocytes blancs, mais il exerce aussi des fonctions métaboliques et endocrines, sécrétant notamment des hormones comme la résistine et la leptine. Chez la souris, il se répartit en plusieurs dépôts d'origines développementales distinctes : inguinal sous-cutané, périgonadique, mésentérique et périrénal. À l'opposé, le tissu adipeux brun dissipe l'énergie sous forme de chaleur grâce à ses nombreuses mitochondries et à l'activation constitutive de la protéine découplante Ucp1. Un troisième type cellulaire, l'adipocyte beige, apparaît au sein du tissu blanc et partage les marqueurs thermogéniques des adipocytes bruns. Chez la souris, cette « brunification » est induite par l'exposition prolongée au froid, le jeûne ou l'exercice, et présente un intérêt métabolique en favorisant la combustion des graisses.

Le facteur de transcription Egr1 a été décrit comme un régulateur des programmes de différenciation blanche et beige. Une surexpression d'Egr1 a été associée à l'obésité chez l'humain comme chez la souris, tandis que les animaux dépourvus d'Egr1 présentent une dépense énergétique accrue et une protection contre l'obésité induite par un régime hyperlipidique. Les auteurs avaient précédemment montré que ces souris développent spontanément une brunification du tissu adipeux blanc sous-cutané inguinal, en l'absence de toute stimulation externe.

La présente étude approfondit ce phénomène en combinant l'analyse de dépôts adipeux de souris femelles âgées de huit mois et des modèles cellulaires. Des cellules souches/stromales issues du tissu adipeux (mASC) Egr1+/+ et Egr1-/-, ainsi que des cellules souches mésenchymateuses C3H exprimant ou non Egr1, ont été soumises à des protocoles de différenciation blanche et beige, puis caractérisées par coloration Oil Red O et quantification d'expression génique par PCR quantitative. Les travaux démontrent que les souris mutantes pour Egr1 présentent une augmentation de l'expression d'Ucp1 restreinte spécifiquement au tissu sous-cutané, sans modification équivalente dans les autres dépôts. Cette particularité s'accompagne d'un basculement vers un métabolisme oxydatif, de type brun. Au niveau cellulaire, Egr1 se révèle nécessaire et suffisant pour promouvoir la différenciation des adipocytes blancs et altérer celle des adipocytes beiges.

Ces résultats confirment le rôle d'Egr1 dans l'orientation des programmes de différenciation adipocytaire et mettent en évidence la spécificité de dépôt de son action. Selon les auteurs, la modulation de l'expression d'Egr1 pourrait constituer une stratégie thérapeutique intéressante pour accroître la dépense énergétique et limiter les désordres métaboliques associés à l'obésité.