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Le gène STING1 code la protéine STING (stimulator of interferon genes), un acteur clé de la défense de l'organisme contre les infections virales et les pathogènes, via la production d'interféron de type I déclenchée par la détection d'ADN cytoplasmique. Certaines mutations de ce gène entraînent son activation constitutive et sont responsables d'une affection auto-inflammatoire désignée SAVI (STING-associated vasculopathy with onset in infancy), caractérisée par des occlusions des vaisseaux sanguins, une nécrose des extrémités, une myosite, des éruptions cutanées et une inflammation pulmonaire ; un tableau de type lupique peut également s'observer. Comprendre la génétique du gène STING1 humain présente un intérêt à la fois fondamental et translationnel, d'autant que STING constitue une cible thérapeutique étudiée dans les cancers et les maladies infectieuses.

Dans ce contexte, les auteurs ont généré une lignée de cellules souches pluripotentes induites (iPSC) à partir des cellules d'une patiente de sept ans porteuse d'un variant hétérozygote rare de STING1 (c.463G > A, conduisant à la substitution p.V155M), une mutation dominante à gain de fonction héritée de son père également atteint. La patiente présentait un syndrome inflammatoire systémique complexe associant vasculopathie, fibrose pulmonaire et auto-immunité. Des cellules mononucléées du sang périphérique cryoconservées ont été reprogrammées au moyen de vecteurs viraux Sendai non intégratifs, exprimant les facteurs OCT4, SOX2, c-MYC et KLF4. Les colonies présentant une morphologie typique de cellules souches pluripotentes ont été sélectionnées manuellement afin d'établir une lignée cultivée sans cellules nourricières.

La lignée obtenue a fait l'objet d'une caractérisation génotypique et fonctionnelle complète. L'analyse par puce SNP, comparant la lignée iPSC aux cellules parentales, a confirmé un caryotype normal, l'absence d'aneuploïdies, de délétions ou d'insertions, ainsi que la concordance des génotypes attestant l'origine des cellules. Le reséquençage du site muté a confirmé la présence de la mutation hétérozygote c.463G > A. La lignée exprimait les marqueurs de pluripotence OCT4 et SOX2 en immunocytochimie, ainsi que TRA-1-81 (85 %) et SSEA-4 (97 %) en cytométrie de flux. Sa capacité à se différencier spontanément dans les trois feuillets germinaux a été vérifiée par formation de corps embryoïdes, puis par analyses moléculaires : les cellules présentaient des niveaux d'expression comparables à la référence sans biais de lignage, et exprimaient des protéines ectodermique (β-III-tubuline), mésodermique (actine musculaire lisse α) et endodermique (α-fœtoprotéine). Les tests de contamination par mycoplasmes se sont révélés négatifs.

Cette lignée iPSC porteuse de la mutation STING1 constitue un outil destiné à explorer les mécanismes cellulaires conduisant à la maladie.