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L'inflammation, lorsqu'elle se prolonge de façon incontrôlée, expose l'organisme à des conséquences pathologiques telles que la fibrose ou l'apparition de plaies chroniques. Ces dernières constituent une complication fréquente chez les personnes âgées, population de plus en plus exposée à une inflammation chronique. Or, la cicatrisation cutanée dépend étroitement d'une phase active de résolution de l'inflammation, dont les défauts favorisent précisément la chronicisation des plaies. Dans ce contexte, les auteurs se sont intéressés au rôle des basophiles, granulocytes circulants rares habituellement associés aux réactions allergiques ou auto-immunes et à leurs fonctions pro-inflammatoires, mais dont plusieurs travaux avaient déjà suggéré des propriétés de résolution dans divers tissus, dont la peau.

Grâce à des analyses par immunofluorescence et imagerie confocale de plaies cutanées murines, l'équipe montre que les basophiles s'accumulent dans les zones périvasculaires en périphérie des plaies pendant au moins trois semaines, couvrant à la fois la phase inflammatoire et la phase de résolution. Pour tester leur fonction, les chercheurs ont utilisé un modèle de déplétion des basophiles par la toxine diphtérique. Cette déplétion s'accompagne d'une sécrétion accrue de molécules inflammatoires, d'une accumulation et d'une activation de leucocytes pro-inflammatoires, et d'un retard de la cicatrisation. Les basophiles favorisent en particulier la différenciation épidermique vers un état d'homéostasie, une propriété portée notamment par l'interleukine-4 qu'ils produisent. La réanalyse d'un jeu de données de séquençage sur cellule unique, complétée par une prédiction des interactions ligand-récepteur, confirme la présence de basophiles exprimant des médiateurs pro-résolution dans les plaies et l'existence de réseaux de signalisation IL-4 dirigés vers plusieurs types cellulaires.

De façon inattendue, les travaux révèlent que, chez les souris âgées (75 à 90 semaines), les basophiles infiltrent plus fortement les plaies cutanées et présentent un phénotype davantage activé que chez les adultes. Dans ce contexte du vieillissement également, leur déplétion altère la résolution de l'inflammation et la fermeture des plaies, confirmant leur rôle bénéfique. Les basophiles apparaissent ainsi comme des cellules pro-résolution au cours d'un processus biologique essentiel qu'est la cicatrisation cutanée, aussi bien chez l'animal adulte que chez l'animal âgé.

En établissant que les basophiles orchestrent la résolution de l'inflammation et favorisent la cicatrisation, ces travaux éclairent une facette encore peu explorée de ces cellules. Selon les auteurs, une meilleure compréhension de leurs propriétés pro-résolution pourrait ouvrir de nouvelles pistes pour lutter contre les plaies chroniques chez les personnes âgées.