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Les métastases demeurent la première cause de décès liés au cancer, et certaines tumeurs dites agressives, comme les cancers du sein triple négatifs ou les cancers du pancréas, se caractérisent par une forte propension à former des foyers secondaires. Faute de traitements pleinement efficaces contre cette dissémination, des approches thérapeutiques innovantes sont recherchées. Parmi elles, les vésicules extracellulaires (VE) suscitent un intérêt croissant : ces médiateurs naturels de la communication entre cellules peuvent transférer du matériel génétique et trophique vers des cellules réceptrices, sans les risques associés à l'injection de cellules vivantes entières. Elles ont déjà été testées chez l'humain lors d'essais cliniques de phases I et II, qui ont démontré leur innocuité dans diverses indications.

Ces travaux s'appuient sur des résultats antérieurs ayant établi le rôle opposé de deux facteurs de transcription de la famille NFAT dans le cancer du sein : NFAT1 (NFATc2) exerce une fonction pro-invasive, tandis que NFAT3 (NFATc4) possède des propriétés anti-invasives qui limitent l'agressivité des cellules tumorales luminales. L'objectif était de vérifier si cette fonction inhibitrice pouvait être véhiculée par les VE. Pour cela, les vésicules ont été produites par des lignées mammaires peu invasives exprimant NFAT3, puis isolées par centrifugations différentielles et ultracentrifugation à 120 000 g, avant d'être caractérisées par suivi de nanoparticules (NTA) et par la détection des marqueurs CD63 et CD81. Leur effet a été évalué in vitro sur des essais d'invasion en chambre de Matrigel, sur la prolifération et l'apoptose en cultures 2D et en sphéroïdes, puis in vivo dans un modèle murin.

Les VE produites par ces cellules se sont révélées capables de bloquer l'invasion in vitro de cellules cancéreuses agressives d'origines variées. En coopération avec des macrophages, elles inhibent la prolifération et induisent l'apoptose des cellules tumorales, un effet renforcé par la surexpression de NFAT3 dans les cellules productrices. Ces observations ont été étendues à un modèle murin de cancer du sein, dans lequel des cellules MDA-MB-231 exprimant la luciférase étaient implantées dans le coussinet adipeux mammaire. L'injection hebdomadaire de VE inhibitrices dans la tumeur, suivie par mesure du volume tumoral et par imagerie de bioluminescence des métastases axillaires, a montré un impact net sur la croissance tumorale et sur la dissémination métastatique.

Ces travaux identifient ainsi les vésicules extracellulaires issues de cellules exprimant NFAT3 comme un outil antitumoral susceptible de freiner le développement du cancer et la formation de métastases. L'approche présente l'intérêt d'exploiter une fonction inhibitrice endogène et de la transférer par des vecteurs naturels, dont l'innocuité a déjà été documentée chez l'humain.