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Le cancer du côlon de stade III est traité après chirurgie par une chimiothérapie adjuvante associant une fluoropyrimidine et l'oxaliplatine. La durée recommandée de ce traitement repose actuellement sur une classification en deux groupes de risque définis par les stades T et N : les tumeurs cliniquement à faible risque (T1-3 N1), pour lesquelles trois mois de traitement sont préconisés, et les tumeurs à haut risque (T4 et/ou N2), qui justifient six mois de chimiothérapie. Cette stratification reste toutefois imparfaite pour estimer le pronostic individuel des patients. L'Immunoscore, qui quantifie par analyse d'image numérique les densités de lymphocytes T CD3+ et CD8+ au centre de la tumeur et à sa marge d'invasion, a déjà été validé comme variable pronostique indépendante dans le cancer colorectal de stade I à III et a été intégré aux recommandations de pratique clinique de l'ESMO pour le cancer du côlon localisé. Les auteurs ont cherché à déterminer si cet outil pouvait affiner le pronostic au sein même des groupes de risque clinique.

Pour ce faire, 600 patients atteints de carcinome colique de stade III réséqué ont été sélectionnés au hasard dans le bras de chimiothérapie FOLFOX (fluorouracile en perfusion, leucovorine et oxaliplatine) de l'essai de phase III NCCTG N0147. La survie sans récidive a été analysée selon l'Immunoscore au moyen d'un modèle de régression de Cox multivarié, appliqué séparément à chaque groupe de risque, avec ajustement sur plusieurs covariables dont le statut KRAS, BRAFV600E et le statut de réparation des mésappariements de l'ADN.

Parmi les 559 tumeurs disposant de données d'Immunoscore, 53,5 % relevaient du faible risque clinique et 46,5 % du haut risque. Dans les deux groupes, un Immunoscore bas était associé à une survie sans récidive à cinq ans significativement plus défavorable qu'un Immunoscore élevé : 77,5 % contre 91,8 % chez les patients à faible risque (rapport de risque 1,70 ; IC à 95 % : 1,03-2,79 ; p = 0,037), et 55,3 % contre 70,3 % chez les patients à haut risque (rapport de risque 1,65 ; IC à 95 % : 1,11-2,47 ; p = 0,013). De façon notable, les tumeurs à faible risque associées à un Immunoscore bas présentaient une évolution comparable à celle des tumeurs à haut risque dotées d'un Immunoscore élevé. L'ajout de l'Immunoscore aux paramètres de risque clinique et à un nombre limité de biomarqueurs améliorait significativement la capacité pronostique des modèles multivariés (test du rapport de vraisemblance, p = 0,0003).

Ces résultats indiquent que l'Immunoscore permet d'affiner le pronostic des patients au-delà de la seule classification en groupes de risque clinique, ce qui suggère son utilité potentielle pour orienter les décisions thérapeutiques en situation adjuvante.