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Le cancer de la vessie infiltrant le muscle (muscle-invasive bladder cancer, MIBC) demeure de pronostic difficile : environ 30 % des patients atteints d'un cancer de la vessie présentent une forme infiltrant le muscle, et la survie globale à cinq ans après chimiothérapie néoadjuvante suivie de cystectomie radicale plafonne autour de 50 %. Or, malgré le rôle pronostique reconnu du stade tumoral T et du statut ganglionnaire, ainsi que de la réponse pathologique complète à la chimiothérapie, aucun biomarqueur tumoral n'est aujourd'hui validé pour prédire la réponse au traitement ou orienter la décision thérapeutique. C'est cette absence que les auteurs ont cherché à combler en évaluant l'Immunoscore, un test quantitatif standardisé mesurant la densité des lymphocytes T (CD3+ et CD8+) dans le microenvironnement tumoral, déjà reconnu comme outil pronostique robuste dans le cancer colorectal.

Cette étude rétrospective multicentrique a porté sur 117 patients traités par chimiothérapie néoadjuvante pour un MIBC localisé, recrutés dans six centres en France et en Grèce. Les prélèvements tumoraux obtenus avant traitement ont été immunomarqués pour les lymphocytes T CD3+ et CD8+, puis quantifiés afin d'établir l'Immunoscore, dont les résultats ont été mis en relation avec la réponse à la chimiothérapie, le délai jusqu'à récidive et la survie globale. Les scores se répartissaient en valeurs basses (IS-0 : 36,5 %), intermédiaires (IS-1-2 : 43,7 %) et élevées (IS-3-4 : 19,8 %).

Un Immunoscore élevé s'est révélé positivement associé à la réponse pathologique complète (p = 0,0096) : un score élevé concernait 35,7 % des patients en réponse complète, contre seulement 11,3 % de ceux qui ne l'atteignaient pas. Les taux de survie sans récidive à cinq ans atteignaient 72,6 % dans le groupe à score élevé, contre 37,2 % et 36,5 % dans les groupes à score bas et intermédiaire. En analyse multivariée stratifiée par centre, un score élevé restait indépendamment associé à un délai jusqu'à récidive prolongé (p = 0,013) et à une meilleure survie globale (p = 0,011), l'Immunoscore apportant la contribution la plus forte parmi toutes les variables étudiées. L'infiltration en lymphocytes CD8+ du centre tumoral était par ailleurs corrélée à la survie globale (médiane de 64,7 mois contre 27,4 mois pour les infiltrations faibles).

Les auteurs reconnaissent les limites inhérentes au caractère rétrospectif de l'étude et à certaines données cliniques manquantes, notamment le statut ganglionnaire, tout en soulignant qu'il s'agit d'une large cohorte issue de la pratique courante. Ils relèvent également une variabilité de l'Immunoscore et des densités immunitaires selon les sous-types histologiques de carcinome urothélial. En conclusion, l'Immunoscore permet une stratification efficace du risque et une prédiction de la réponse à la chimiothérapie néoadjuvante dans le MIBC localisé, des résultats qui justifient une évaluation prospective complémentaire, déjà engagée, avant toute mise en œuvre en routine clinique.