L'aminopeptidase régulée par l'insuline, connue sous le sigle IRAP et codée par le gène humain LNPEP, est une protéine transmembranaire de type II exprimée dans la plupart des tissus. Elle a d'abord été identifiée dans les années 1990 comme un composant majeur des vésicules de stockage du transporteur de glucose Glut4 dans les adipocytes. Pendant longtemps, son étude s'est concentrée sur les cellules sensibles à l'insuline, telles que les adipocytes et les cellules musculaires, où l'enzyme présente un trafic intracellulaire complexe et régulé par l'insuline : à l'état basal, elle colocalise avec Glut4 dans des vésicules de réserve, puis migre rapidement vers la membrane plasmique lorsque la cellule est stimulée par l'insuline. Cette revue rassemble les connaissances accumulées sur les fonctions de la protéine et déplace l'attention vers son rôle dans les cellules immunitaires.
Les travaux initiaux, fondés sur des protéines de fusion associant le domaine cytosolique d'IRAP à divers rapporteurs comme la GFP ou le récepteur de la transferrine, ont établi que le trafic complexe de la protéine dépend de ce domaine cytosolique. Les études de mutagenèse y ont identifié plusieurs motifs impliqués dans son adressage, tandis que des analyses protéomiques et des expériences de double hybride en levure ont révélé que ce même domaine engage de multiples interactions avec des composants du cytosquelette et des adaptateurs du trafic vésiculaire. Ces observations ont conduit à l'hypothèse selon laquelle IRAP n'est pas seulement un constituant transporté par les vésicules, mais participe aussi à la machinerie de tri qui contrôle leur dynamique.
Des travaux plus récents, menés dans les adipocytes, les cellules immunitaires et les neurones, ont confirmé cette hypothèse en attribuant à IRAP une double fonction. Son domaine carboxy-terminal, situé à l'intérieur des endosomes, porte l'activité aminopeptidase de l'enzyme, alors que son domaine amino-terminal, exposé dans le cytosol, agit comme un adaptateur du trafic endosomal. Les auteurs recensent ainsi l'ensemble des interactions protéiques décrites pour IRAP et synthétisent un faisceau croissant d'indications selon lequel la protéine intervient dans le transport intracellulaire de plusieurs partenaires.
La synthèse détaille enfin les conséquences de la délétion ou de la déplétion d'IRAP sur le trafic endocytaire et sur les fonctions immunitaires. Elle souligne notamment l'importance de la protéine pour la capacité des cellules dendritiques à réaliser la présentation croisée des antigènes et à initier les réponses immunitaires adaptatives, ainsi que pour le contrôle de la signalisation des récepteurs de l'immunité innée et adaptative — au rang desquels figurent le récepteur Toll-like TLR9 et le récepteur des lymphocytes T — et pour la modulation des réponses inflammatoires.